Chanteuses russes in НОВОСИБИРСК
Chanteuses russes in НОВОСИБИРСК
  • À défaut de pouvoir la fréquenter car elle relève de la réalité, il est possible de la contempler grâce à une abondante filmographie.
  • Toutefois autant préciser que les œuvres peuvent être d’une qualité inégale, d’une force ou profondeur toute relative .

Les films mentionnés ci-dessous permettent de s’initier à la découverte de cette région russe.

 

  • Dans les forêts de Sibérie . Film de Safy NEBBOU. (2016)

 Le reproche a été fait d’être une simple «  carte postale », d’avoir manqué la prouesse technique filmographique. Restent des images étonnantes très inspirantes, et pourquoi pas bienfaisantes.

D’après le livre best-seller de sylvain TESSON.

Musique originale : Ibrahim MAALOUF.

Acteurs principaux : Raphaël PERSONNAZ.

                                     Evgueni SIDIKHINE.

Il s’agit d’une adaptation du livre de Sylvain Tesson ; le film dépasse largement le récit autobiographique avec l’introduction d’une série d’aventures , sur les conseils de l’écrivain.

  • Ce film offre l’intérêt de s’installer sur les rives gelées du Lac Baïkal , lac le plus profond du monde. D’en apprécier toute sa beauté.
  • Au sein de cette nature sauvage, l’aventure  prend toute sa place, l’amitié aussi essentielle que la pureté de l’espace sibérien.
  • Dersou Ouzala – de Akira Kurosawa (1975).

Un film d’une qualité rare. La critique est unanime : Kurosawa excelle dans la réalisation de ce film, qui l’entraîne pour la première fois  hors du Japon. Il reçoit l’oscar du meilleur film étranger en 1976.

Il adapte le récit autobiographique publié en 1921 par Vladimir ARSENIEV. Ce dernier est officier de l’armée impériale russe et explorateur du bassin de l’Oussouri, kraï de Khabarovsk. Il appartient au monde des cartographes russes qui inlassablement parcourent le territoire pour en tracer les contours  et les détours.

Arseniev est aidé dans cette mission par un guide–chasseur oussourien de la tribu Nanaï : Dersou OUZALA , un homme dont l’innocence, la candeur, n’a d’égal que son désir d’accompagner l’explorateur dans son approche d’un espace peu connu.

Arseniev entre en amitié avec son guide,  apprend à élargir sa connaissance de l’être humain  : Dersou est animiste ; pour lui tous les éléments naturels, les animaux, le monde végétal  sont les égaux des hommes.

«  C’est l’homme principal, riposta Dersou, en montrant le soleil . S’il périssait, tout périrait autour… Le feu et l’eau sont aussi des hommes puissants. S’ils disparaissaient, ce serait la fin de tout. »

Un film qui n’échappe pas à la beauté de l’élan lyrique nuancé de pudeur.

  • Sibériade – de Andreï Konchalovski ( 1979).

                     Le film entra en concurrence au Festival de Cannes avec le film Apocalypse now. La présidente du jury, Françoise Sagan, avait menacé de démissionner si le film de Konchalovski ne bénéficiait pas d’une reconnaissance. Le cinéaste russe obtint le Grand Prix du Festival de Cannes en 1979.

Le film a une durée de 4 heures 30. Il comporte 6 parties qui débutent de 1910 à 1970. Le déroulement repose sur des étapes de 10 ans.

Konchalovski choisit de raconter l’histoire de deux familles : l’une riche, les Solomine, l’autre pauvre, les Oustioujanine, qui ne cessent de s’affronter. On suit la vie d’un village sibérien, Elan.

En réalisant ce film , Konchalovski souhaitait appliquer un double code : s’inspirer des romans de Guéorgui Markov, un des dirigeants de la littérature soviétique, et d’autre part s’appuyer sur le film 1900 de Bertolucci, son ami. Il obtint l’autorisation de signer « une commande d’État » et donc de financements exceptionnels à condition d’être idéologiquement irréprochable.

Sibériade est une fresque historique scandée par de nombreux tableaux. La Sibérie est montrée dans ses caractéristiques profondes grâce à la récurrence de motifs : l’étoile, la route, la chaîne, la porte. Ces motifs assurent le dynamisme du film, lui donnent un rythme et une rime comme toute poésie le propose. Leur symbolisme prend toute sa force dans la présence des quatre éléments : la terre ( les hommes), le feu (le pétrole), l’air (le vent et la forêt), l’eau (le fleuve).

La force de la Sibérie fait l’objet d’une démonstration juste et précise où se mêlent les traditions, le sens de la patrie, et toujours , à l’instar du personnage Dersou Ouzala, un respect et un attachement à la nature.

« On marche sur du vivant, on coupe du vivant, on vit par le vivant. » déclare le père de Kolka à propos des arbres.

Un film qui nécessite de s’engager dans une sorte de vertige géographique et historique au cœur d’une perception, celle de  l’âme russe ; elle irrigue l’immensité de cet espace comme rarement une œuvre cinématographique n’y est parvenue.

Le bouleau , arbre de Sibérie.
Le bouleau, ou бирюза , arbre de Sibérie.