
« J’ai l’appétit de ma mère pour la gloire,
le goût de mon père pour les origines ».
Emmanuel CARRÈRE – Entretien Télérama 3945- 20/08/2025
En 1954 paraît Le Livre de ma mère , récit autobiographique que signe Albert Cohen et qui bouleverse un lectorat abondant :
« Somptueuse, toi, ma plume d’or, va sur la feuille (… Va, je t’aime, ma seule consolation, va sur les pages où tristement je me complais (…) Oui, les mots , ma patrie , les mots, ça console et ça venge. Mais ils ne me rendront pas ma mère.
SI remplis de sanguin passé battant aux tempes et tout odorants qu’ils puissent être, les mots que j’écris ne me rendront pas ma mère morte. Sujet interdit dans la nuit. Arrière, image de ma mère vivante lorsque je la vis pour la dernière fois en France, arrière, maternel fantôme. »
Emmanuel CARRÈRE écrit Kolkhose. Une œuvre qui parcourt la vie de quatre générations soit un siècle d’histoire russe et française jusqu’à la guerre en Ukraine. Nous traversons des étapes historiques, la Révolution bolchévique, l’exil, l’Europe des Russes blancs, les deux guerres mondiales, l’effondrement du bloc soviétique, la Russie impériale de Poutine et ses guerres. À cela s’ajoute toute l’attention accordée au récit privé d’une famille.
Mais comme en écho au livre d’Albert COHEN, Emmanuel CARRÈRE revisite le sujet de l’amour filial et le livre devient le livre du deuil. L’écriture de Kolkhose s’est imposé parce qu’un homme, un fils –un enfant– a désiré ardemment marqué la meilleure des pauses , l’entrée dans le souvenir de l’être cher, une mère chérie :
« Ma mère était merveilleuse, incroyablement tendre, protectrice mais pas étouffante. » (id)
Et les instants qui ont précédé la mort d’Hélène Carrère d’Encausse ont facilité l’intériorisation :
« Au chagrin s’est mêlée une profonde admiration pour elle. Le début du livre est construit à partir de la soixantaine de pages que j’ai écrites durant ces journées qui me semblaient être le couronnement d’une vie.
Le portrait que je dresse d’elle baigne dans cette lumière de sa mort ». ( id)
Livre en Librairie le 28 août – Ed.POL- 558 pages.
