Le corps d’Hector ramené à Troie. Bas-relief romain – Musée du Louvre.

Μῆνιν ἄειδε θεὰ Πηληϊάδεω Ἀχιλῆος
οὐλομένην, ἣ μυρί᾿ Ἀχαιοῖς ἄλγε᾿ ἔθηκε,
πολλὰς δ᾿ ἰφθίμους ψυχὰς Ἄϊδι προΐαψεν
ἡρώων, αὐτοὺς δὲ ἑλώρια τεῦχε κύνεσσιν
οἰωνοῖσί τε πᾶσι· Διὸς δ᾿ ἐτελείετο βουλή,
ἐξ οὗ δὴ τὰ πρῶτα διαστήτην ἐρίσαντε
Ἀτρεΐδης τε ἄναξ ἀνδρῶν καὶ δῖος Ἀχιλλεύς.

CHANTE, déesse, le ressentiment d’Achille, fils de Pélée, ressentiment funeste qui causa tant de malheurs aux Achéens, qui précipita dans les enfers les âmes courageuses de tant de héros, et fit de leurs corps la proie des chiens et des vautours, (ainsi s’accomplit la volonté de Jupiter) lorsque pour la première fois se divisèrent, par une querelle, Agamemnon, roi des hommes, et le divin Achille.

«  Lis », dit l’homme noir.
Il me donna L’Iliade.
J’allai m’asseoir sur la pierre du seuil.
Les rossignols du lavoir chantaient encore.
L’orage maintenant tenait tout le rond du ciel.
Tout le jour se passa en silence ; toute la nuit.
Le lendemain, le ciel était libre et clair. Les hommes et les femmes sortirent pour attaquer.

Je lus L’Iliade au milieu des blés mûrs. On fauchait sur tout le territoire. Les champs lourds se froissaient comme des cuirasses. Les chemins étaient plein d’hommes portant des faux.
( …)
Nous allions garder le troupeau. La colline aimée des bêtes était juste au-dessus des moissons. L’homme noir se couchait dans l’ombre chaude des genévriers ; je m’allongeais à côté de lui. Nous restions un moment à souffler et à battre des paupières. Le chemin de la colline, avec ses pierres rondes, restait longtemps à se tordre, tout étincelant dans le noir de mes yeux.

«  Et le livre ? »
Il est là. »

Il fouillait dans la musette. L’Iliade était là, collée contre le morceau de fromage blanc.

Cette bataille, ce corps à corps danseur qui faisait balancer les gros poings comme des floquets de fouets, ces épieux, ces piques, ces flèches, ces sabres, ces hurlements, ces fuites et ces retours, et les robes de femmes qui flottaient vers les gerbes étendues : j’étais dans L’Iliade  rousse.

Le corps de Patrocle est soulevé par Menelas et Merion tandis qu'Ulysse et d'autres regardent - relief étrusque- IIe siècle av.JC
Le corps de Patrocle est soulevé par Menelas et Merion tandis qu’Ulysse et d’autres regardent- relief étrusque, IIe siècle av. J.-C. (source Wikipedia).