En apprenant la mort de leur amie, MARJANE SATRAPI, les proches ont adressé un communiqué à l’AFP, le 4 juin 2026 :
« Elle est morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie. »
Nombreux les endeuillés, nantis de leur désespoir en bandoulière, ils quêtent notre attention, notre écoute compatissante.
Et nous partageons ce moment si difficile de la séparation définitive, perdus entre chagrin et espoir d’une reconnaissance qui permet la survie de l’être auquel nous sommes si attachés.
La grâce d’un prénom : « Marjane » , en farsi : « corail » ou pierre précieuse ». D’où notre enchantement originel.
Marjane se présente à nous , le poème de Mallarmé entre en résonance : « Apparition », Poésies, 1883.

« Elle est morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie. »
Nombreux les endeuillés, nantis de leur désespoir en bandoulière, ils quêtent notre attention, notre écoute compatissante.
Et nous partageons ce moment si difficile de la séparation définitive, perdus entre chagrin et espoir d’une reconnaissance qui permet la survie de l’être auquel nous sommes si attachés.
La grâce d’un prénom : « Marjane » , en farsi : « corail » ou pierre précieuse ». D’où notre enchantement originel.
Marjane se présente à nous , le poème de Mallarmé entre en résonance : « Apparition », Poésies, 1883.
« La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
(…)
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté. »
Et notre incompréhension aussi puissante que notre désir de restaurer la présence. A l’instar de G.de Maupassant, pleurant la mort de son ami Louis Bouilhet. Poésies diverses, 1869.
« Lui si bon, lui si grand, si bienveillant pour moi.
(…)
C’est ainsi que l’on meurt, infirmes que nous sommes.
(…)
Il ne reste plus rien qu’un pauvre corps.
Rien de lui. Même pas ce bienveillant sourire
Qui nous attirait et semblait toujours dire :
« Mon ami je vous aime. »Et ce regard si beau,
Ce grand œil clair et doux si plein d’intelligence,
(…)
Et puis le voilà mort et parti pour jamais
Vers ce monde éternel où le génie aspire.
Mais de là-haut, sans doute, il nous voit et peut lire
Ce que j’avais au cœur et combien je l’aimais. »
Reste une œuvre de Marjane : Persepolis . Et sa voix retentit dès les premières pages. Celle d’une rebelle, d’une femme exigeante, impliquée, éprise de justice et de liberté, pour qui l’humour est d’une efficacité redoutable .
« La voix, la voix, seulement la voix
La voix du désir de l’eau de couler
La voix de l’écoulement de la lumière sur la féminité de la terre
La voix de la formation d’un embryon de sens
Et l’expression de la mémoire commune de l’amour
La voix, la voix, la voix, il n’y a que la voix qui reste. » *


Forough , « La Lumière » :
« Il n’y a que la voix qui reste », titre du poème de l’écrivaine iranienne Forough Farrokhzad ( 1935- 1967) .
« La poésie est une chose sérieuse, une responsabilité, une réponse à la vie. »
La poétesse iranienne, au même titre que Marjane Satrapi, fait figure de l’artiste libre et indépendante. Elle renouvelle et démocratise la langue poétique.
Bibliographie
- Œuvre poétique complète, Forough Farrokhzad, traduction par Jalal Alavinia, (éditions des Lettres Persanes, ré-édition 2017).
- La nuit lumineuse (lettres et scénario), traduction, Jalal Alavinia, (éditions des Lettres Persanes, 2011).
- Je suis la flamme traduction par Niloufar Sadighi et Franck Merger, (éditions Maelström, 2022).
- Une autre naissance traduction, Laura et Ardeschir Tirandaz, (éditions Héros-Limite, 2022).
- Croyons à l’aube de la saison froide traduction par Laura et Ardeschir Tirandaz, (éditions Héros-Limite, 2023).
- J’ai pêché, pêché dans le plaisir Abnousse Shalmani (éditions Grasset, 2024).
Deux écoutes radiophoniques pour prendre connaissance de l’œuvre de Forough Farrokzâd :
- La grande librairie (4 mars 2026) — La comédienne franco-iranienne Mina Kavani lit un extrait du poème « Versets terrestres » de la poète iranienne Forough Farrokhzad.
2.- La Grande Librairie – 2 mars 2024 – Youtube Alain Cazes. Quand Golshifteh dit un poème de Forough Farrokhzâd : « J’ai péché de plaisir … «
